Hommes et virus

1. Le coronavirus, qui vient d'infléchir sérieusement le cours de l'humanité, est une maladie d'origine animale : une zoonose.

Si on en parle ici, c'est que sa naissance et la contagion importante qui s'en est suivie a beaucoup à voir avec le développement humain et ses conséquences, notamment le réchauffement climatique.

Les zoonoses ne datent pas d'aujourd'hui, mais leur incidence s'accélère. La transmission à l'homme peut se faire indirectement, via une piqure d'insecte (acarien, moustique, tique... qui véhiculent la dengue, le paludisme, zika, maladie de Lyme... ). Elle peut aussi se faire directement, ou en infectant d'autres espèces animales, jusqu'à l'homme. La maladie peut s'adapter pour devenir ensuite transmissible d'homme à homme, comme c'est le cas pour la Covid19.

2. L'émergence croissante de nouvelles zoonoses s'explique en partie par les rapports croissants de l'homme avec l'animal sauvage :

- exploitation des ressources naturelles, ou autres activités humaines, dans les territoires de vie des animaux sauvages,

- domestication d'animaux sauvages (NAC : nouveaux animaux de compagnie),

- régimes carnés ou soins avec de la viande d'animaux sauvages.

D'autres causes sont à rechercher du côté des conséquences du réchauffement climatique :

- migration d'espèces animales, notamment les insectes transmetteurs,

- hivers plus doux qui n'éradiquent plus complètement ces insectes,

- leur reproduction est également facilitée par la chaleur.

3. D'autres causes humaines expliquent, cette fois, la contagiosité des zoonoses transmissibles directement d'homme à homme :

- la densité de population, liée à la croissance démographique,

- la rapidité et la densité de la circulation des hommes autour du globe,

- la multiplication des zones de conflits, qui entrainent des migrations d'hommes et d'animaux, ainsi qu'un relâchement des règles d'hygiène et de santé publique.

4. On peut agir à son échelle pour réduire les retombées des zoonoses dans l'avenir :

- réduire ou arrêter de circuler autour du monde. Choisir de préférence des modes de déplacement lents et des voyages moins lointains. Un plus petit nombre de voyageurs simplifie les quarantaines et limite la vitesse de propagation de la maladie ; et il est plus facile de mettre un bateau en quarantaine qu'un avion.

- éviter l'adoption d'un animal non sûr sur le plan sanitaire, même parmi les animaux domestiqués de longue date : un chat ou un oiseau ramenés d'un pays étranger peut être vecteur de maladies.

- participer au financement de la recherche médicale, de l'aide au développement et de la protection des espèces, permet de contribuer, directement ou indirectement, à la réduction de l'émergence et de la propagation des zoonoses.

Pour en savoir +, l'éclairante conférence de B. Dufour, Professeure à l'école nationale vétérinaire d'Alfort, et vice-Présidente d'ASF (Agronomes et Vétérienaires sans Frontières)

 

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